Lax 'n Blues 2008
Philippe Ménard
Juste avant sa venue sur les planches de Lax 'n Blues, Philippe Ménard nous a accordé une interview :
Philippe Ménard : Si on parle du style en général, pas de problème, c'est la musique que j'ai toujours jouée, par contre, le répertoire est à géométrie
variable car je l'adapte en temps réel aux réactions du public et aussi à mon propre état d'esprit. Ca peut aller du très cool au très rock.
Lax 'n Blues :Vous citez comme influences Johnny Winter, Rory Gallagher, le rvd. Gary Davis ou Robert Johnson. C'est un véritable mélange de delta blues, de traditionnel et de blues électrique. Comment en êtes vous venu à votre style si particulier, en écoutant et rabâchant leurs morceaux ?
Philippe Ménard : Pendant plus de 20 ans, j'ai joué avec la musique des années 6O/70
dans la tête, et je ne jurais que par Gallagher, bien que pour moi le déclic ait eu lieu durant l'été 70 en découvrant Johnny Winter en live avec Rick Derringer lors d'un festival à Aix en Provence....C'est ce jour là que j'ai pris la décision de devenir guitariste de Bluesrock !!!! Jimi Hendrix est venu plus tard comme influence pour moi,bien que je l'adore. Je n'ai pas d'explication à cela, si ce n'est que Rory restait mon favori. Puis comme pas mal de zicos de ma génération, j'ai fini par m'intéresser de plus près aux origines de la musique que j'aimais. Bien sûr, je connaissais déjà Muddy waters, Lightning Hopkins et beaucoup d'autres, mais c'est en bossant sérieusement les vieux de la vieille et les bluesmen acoustiques que l'intéret pour les accordages open et autres et le picking (à ma manière...) a grandi. Auparavant, je jouais pas mal de titres en open G, grâce à l'influence Gallagher/Winter , mais très rarement en open D, drop D ou DADGAD.Je ne sais pas si mon style est "particulier", mais c'est possible car je n'ai jamais pris de cours de guitare, et je privilégie le repiquage à l'oreille: tant pis sic'est pas academique, faut que ça sonne comme ce que j'entends (sur les disques ou dans ma tête).
Lax 'n Blues : Vous n'êtes pas sans savoir que nous organisons des master class à Lax 'n blues, axés la plupart du temps sur la guitare. Notre public est donc constitué de pas mal de musiciens. Vous semblez privilégier les accordages particuliers tels les open tunings, voire les accordages "sous le 440 Hz". Pouvez vous nous en dire plus ?
Philippe Ménard : Les accordages que j'utilise sont ceux cités plus haut, Pour ce qui est du fait que ma guitare soit accordée un ton en dessous, c'est à la base pour plus de confort lorsque je chante les titres de Gallagher. Il n'est pas impossible que je revienne un jour à l'accordage "Hendrixien" ( en mib ). Ca m'éviterait d'avoir si souvent un capo 2eme case !!
Lax'n Blues : Vous venez de publier un album "Shanghai blues". Comment se présente l'avenir ?
Philippe Ménard : C'est en anglais que j'écris mes textes depuis 85, et le 4eme album de mon précédent groupe (Téquila). C'est mon 7eme Cd en solo. L'avenir, quand on a choisi de vivre de sa musique sans issue de secours, c'est aller toujours de l'avant, que ce soit pour composer, ou sur la route pour toujours plus de concerts. Je m'estime privilégié de pouvoir vivre de ma passion et de pouvoir la partager avec ma femme Brigitte qui s'occupe du management et fait la route avec moi toute l'année. L'avenir, c'est aussi profiter à fond de la liberté totale que me procure le fait d'être seul en scène, et seul maître à bord quand je compose ( il n'y a pas que des blues sur mes albums studio, j'aime trop de choses différentes! )..........Ca fait peut être ancien combattant, mais je me dis qu'après avoir traversé les années punk, les années disco, les années synthé les années rap etc, etc..........durant lesquelles nous nous faisions traiter de vieux ringards (j'avais moins de trente ans !) parce que nous jouions du bluesrock, être encore là et profiter du regain d'intéret pour le blues sous toutes ses formes, c'est vraiment super jouissif ! je me dis que l'on ne s'est pas obstiné pour rien, et qu'au moins on a les cuisses propres.
Lax 'n Blues : Bien souvent les paroles du blues évoquent le vécu, le quotidien. Qu'en est il de votre composition "Téléphone woman blues" ?
Philippe Ménard : En fait, c'est juste un petit clin d'oeil aux femmes qui passent pas mal de temps au téléphone. Je sais bien que je suis injuste envers Brigitte, car si elle ne passait pas son temps à téléphoner pour mes concerts, je serais dans de beaux draps, businessman comme je le suis !!!........mais ce qui est vrai, c'est que j'ai le téléphone en horreur. la dernière phrase du morceau, c'est :
"je t'aime vraiment,baby, aussi fort que je déteste Mr Bell".
Merci Philippe Ménard de nous avoir accordé un peu de temps, on se donne rendez vous le 29 mars et c'est vous qui aurez l'honneur d'ouvrir le festival cette année. A bientôt.
